Version française / Les membres / Annuaire du Mémo
Marie-Pierre LITAUDON
Direction : Nicolas Schapira (Université Paris Nanterre).
Titre de la thèse : Archivage et enjeux de pouvoir. La collection de Brienne,laboratoire de la monarchie administrative (17e siècle)
Résumé : Le corpus de 358 volumes de papiers d'État connu sous le nom de « collection de Brienne » et aujourd'hui conservé au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale, fut constitué par Antoine de Loménie (1560-1638), secrétaire de la maison du roi sous Henri IV et Louis XIII qui entendait par là fournir à son fils, Henri-Auguste, amené à lui succéder dans sa charge, un outil de travail tant en matière d'administration intérieure que de politique étrangère. Élaborée grâce au concours d'éminents érudits au premier rang desquels figure Pierre Dupuy qui contribua à en sélectionner les pièces et les classa en sections thématiques elle fut considérée dès 1628 comme un « grand trésor » et éveilla les convoitises du procureur général Molé et du garde des sceaux Marillac qui souhaitaient l'intégrer au Trésor des Chartes. Saisie pour le compte de la Couronne, et immédiatement détournée par Richelieu qui l'installa dans sa bibliothèque, elle passa à sa mort entre les mains de Mazarin, puis Fouquet, Mazarin encore, et enfin Colbert. Elle n'intégra la bibliothèque royale qu'en 1668. Autant de prestigieux possesseurs qui contribuèrent à son renom au-delà des frontières. Maintes fois copiée, de façon plus ou moins exhaustive, elle échappa pour beaucoup aux Loménie, pourtant soucieux jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, de reconstituer ce corpus en patrimoine dynastique. Au fil des XVIIe et XVIIIe siècles, la collection s'est ainsi instituée en véritable mythe. Un mythe à la fois familial et étatique, à la mesure des enjeux de pouvoir dont elle fut l'un des terrains de bataille. Que se jouait-il donc là pour que la mainmise sur cette collection ait suscité un tel intérêt au plus haut sommet de l'État ? Se poser cette question, c'est en ouvrir d'autres : qu'est-ce qui faisait l'unicité et la supériorité de la collection de Brienne au regard d'autres collections privées de l'époque ? De quelles nécessités sa constitution rendait-elle compte ? Qui fut en mesure d'y accéder, selon quelles modalités et pour quels objectifs ? La monumentale collection de Brienne permet d'interroger à nouveaux frais le rapport entre archivage des papiers d'État, statut social des hommes de pouvoir et action politique au temps de la monarchie absolue.
Thématiques de recherche : Loménie de Brienne ; Bibliothèques privées et dépôts publics ; Monarchie administrative ; Secrétariat d'État ; Gestion de l'information ; Conflits politiques.
Titre de la thèse : Archivage et enjeux de pouvoir. La collection de Brienne,laboratoire de la monarchie administrative (17e siècle)
Résumé : Le corpus de 358 volumes de papiers d'État connu sous le nom de « collection de Brienne » et aujourd'hui conservé au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale, fut constitué par Antoine de Loménie (1560-1638), secrétaire de la maison du roi sous Henri IV et Louis XIII qui entendait par là fournir à son fils, Henri-Auguste, amené à lui succéder dans sa charge, un outil de travail tant en matière d'administration intérieure que de politique étrangère. Élaborée grâce au concours d'éminents érudits au premier rang desquels figure Pierre Dupuy qui contribua à en sélectionner les pièces et les classa en sections thématiques elle fut considérée dès 1628 comme un « grand trésor » et éveilla les convoitises du procureur général Molé et du garde des sceaux Marillac qui souhaitaient l'intégrer au Trésor des Chartes. Saisie pour le compte de la Couronne, et immédiatement détournée par Richelieu qui l'installa dans sa bibliothèque, elle passa à sa mort entre les mains de Mazarin, puis Fouquet, Mazarin encore, et enfin Colbert. Elle n'intégra la bibliothèque royale qu'en 1668. Autant de prestigieux possesseurs qui contribuèrent à son renom au-delà des frontières. Maintes fois copiée, de façon plus ou moins exhaustive, elle échappa pour beaucoup aux Loménie, pourtant soucieux jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, de reconstituer ce corpus en patrimoine dynastique. Au fil des XVIIe et XVIIIe siècles, la collection s'est ainsi instituée en véritable mythe. Un mythe à la fois familial et étatique, à la mesure des enjeux de pouvoir dont elle fut l'un des terrains de bataille. Que se jouait-il donc là pour que la mainmise sur cette collection ait suscité un tel intérêt au plus haut sommet de l'État ? Se poser cette question, c'est en ouvrir d'autres : qu'est-ce qui faisait l'unicité et la supériorité de la collection de Brienne au regard d'autres collections privées de l'époque ? De quelles nécessités sa constitution rendait-elle compte ? Qui fut en mesure d'y accéder, selon quelles modalités et pour quels objectifs ? La monumentale collection de Brienne permet d'interroger à nouveaux frais le rapport entre archivage des papiers d'État, statut social des hommes de pouvoir et action politique au temps de la monarchie absolue.
Thématiques de recherche : Loménie de Brienne ; Bibliothèques privées et dépôts publics ; Monarchie administrative ; Secrétariat d'État ; Gestion de l'information ; Conflits politiques.
Mis à jour le 01 avril 2025